Le fléau de la fast fashion

Chaque année, plus de 100 milliards de vêtements sont achetés dans le monde. En moyenne, chaque français acquiert à peu près 9,2 kg de nouveaux habits et chaussures par an. En Europe, on estime malheureusement que 4 millions de tonnes de textile finissent à la poubelle chaque année.


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Depuis l’avènement de la fast-fashion, la consommation de vêtements a totalement explosé ! De par ses prix défiants toutes concurrences, la fast-fashion a complètement bouleversé notre manière de consommer le vêtement. Toutefois, qui dit petit prix, dit souvent conséquences sociales et environnementales désastreuses. Et c’est bel et bien le cas, dans l’industrie de la fast fashion. Pour en savoir plus sur le fléau que représente la fast-fashion, continuez sans plus tarder à lire cet article.

La fast fashion : qu’est-ce que c’est concrètement ?

Le terme fast fashion provient d’une expression anglophone, désignant un renouvellement, le plus rapide que possible, des collections d’articles de la mode vestimentaire. Cette nouvelle conception du vêtement à totalement bouleverser les codes de la mode. 

Collection de vêtements

L’objectif de la fast fashion est simple: produire et distribuer des collections, en un temps record. Et ce, en veillant à sans cesse les renouveler ! Avant l’apparition de ce mouvement, uniquement deux collections étaient imaginées, confectionnées et commercialisées par an. Aujourd’hui, ce chiffre s’élève désormais à 6 voire parfois 8

À titre d’exemple, ZARA, l’un des leaders de la fast fashion, produit environ 12 000 habits différents chaque année. À l’heure actuelle, des enseignes telles que Zara ou H&M occupent une place tout aussi importante que des marques réputées sur le marché économique de la bourse. 

Fast fashion et impact environnemental

À l’heure actuelle, l’industrie de la fast fashion est responsable à elle seule de 17 à 20 % de la pollution mondiale de l’eau. D’ailleurs, elle se positionne comme la deuxième industrie la plus polluante au monde. 

Le cas du coton

La culture du coton, nécessaire à la fast fashion, requiert une quantité d’eau assez conséquente pour pousser. Rien que pour récolter 1 kg de coton, 5 200 litres d’eau sont nécessaires. À titre d’exemple, cette culture est responsable de l’assèchement de la mer d’Aral, en Asie Centrale.

Vêtement en coton

Très fragile, le coton sera la plupart du temps amené à recevoir de multiples traitements chimiques. Entre les pesticides et les engrais, les producteurs de coton sont de plus en plus nombreux à  souffrir de maladies. D’ailleurs, en Inde, un cultivateur de coton subit en moyenne trois intoxications aux pesticides, en seulement une saison. 

Après avoir été récoltée, la fibre de coton est souvent blanchie au chlore. Et ce, notamment pour confectionner des t-shirts d’un blanc immaculé. Elle est ensuite teintée à l’aide de métaux lourds toxiques, comme le chrome ou le plomb. Malheureusement, la majeure partie des usines textiles de fast fashion ne traitent pas correctement leurs déchets. De ce fait, tous ces produits néfastes se retrouvent souvent déversés dans le milieu naturel, notamment dans les rivières. D’ailleurs, ils peuvent parfois même atteindre les nappes phréatiques ! Conséquence, la faune et la flore présentes auparavant dans ces sources d’eau désormais contaminées ont quasiment disparu. Dans certains pays, comme en Inde, cette pollution des cours d’eau a également une répercussion dramatique sur la santé des habitants

Les pétrochimiques et le cas du polyester

Le polyester est un composant très utilisé dans la fast-fashion, surement autant que le coton. Si vous achetez beaucoup en fast fashion, il se peut que la majorité de vos vêtements soient confectionnés essentiellement en polyester. 

pétrochimiques et fast fashion

Le polyester n’est absolument pas meilleur que le coton. Il est d’ailleurs peut-être encore pire ! À titre d’exemple, la fabrication de 1kg de polyester requiert environ 1,5 kg de pétrole. En plus d’être compliqué à produire d’un point de vue écologique, le polyester est souvent difficile à recycler

La plupart du temps, les habits élaborés en fibres pétrochimiques finissent leur vie dans des décharges. Là bas, ils mettront des dizaines et des dizaines d’années à se décomposer. Autrement, ils peuvent être parfois directement incinérés. L’inconvénient de cette méthode est qu’elle rejette une grande quantité de CO2 dans l’atmosphère. Par conséquent, elle engendre d’une part, de la pollution atmosphérique, et d’autre part, elle accélère le processus de réchauffement climatique !

En plus d’être issu d’un mode de production destructeur et d’être difficile à recycler, le polyester pose également problème une fois arrivé dans la machine à laver. Lorsque nous mettons nos vêtements en polyester à laver, beaucoup de microparticules se détachent de nos textiles. Ainsi, des microparticules de nos habits se retrouvent éparpillés dans les eaux usées. Trop fines pour être filtrées, elles sont généralement rejetées dans les mers et les océans de notre belle planète. 

Transport et logistique 

Comme vous le savez déjà, le principe de la fast fashion repose principalement sur la rapidité. De la même manière qu’ils doivent être fabriqués rapidement, ces vêtements doivent impérativement être acheminés dans les boutiques en un rien de temps. C’est pourquoi, l’avion est souvent le moyen de transport le plus privilégié dans cette industrie. Et je ne pense rien vous apprendre, en vous disant que le transport aérien n’est pas très écologique !

pollution et vêtements

Il ne faut surtout pas oublier les cartons et autres emballages, requis obligatoirement lors de l’acheminement des habits. En effet, des millions d’arbres sont coupées pour servir cette industrie. En outre, certaines enseignes comme Shein, utilisent encore des sachets plastiques pour envoyer leurs produits. 

Fast fashion et éthique 

Dans le milieu de la fast fashion, les conditions de travail sont souvent déplorables. Pour seulement quelques euros par jour, des millions d’ouvriers sacrifient leur santé en manipulant des produits dangereux. 

Fast fashion et éthique

Au Bangladesh, la moitié des enfants âgés à peine de 14 ans travaillent. Et environ deux tiers des filles, servent de main d’œuvre à bas coûts dans les usines textiles de fast fashion. Selon le rapport de l’ODI établi en 2016, certaines d’entre elles effectueraient plus de 64 heures de travail par semaine. Pire encore, il n’est pas rare que des enfants dès l’âge de 6 ans soient employés comme ouvriers dans ces usines.

À l’heure actuelle, le Bangladesh se positionne comme le deuxième exportateur mondial de vêtements, juste derrière la Chine. L’industrie textile constitue une part extrêmement importante du PIB, et donc de l’économie du pays. Les grands groupes en sont bien conscients, et en tirent profit sans aucun scrupule ! 

Gardez en tête que, mon discours ne se veut en aucun cas accablant. En effet, je ne fais que vous exposer des faits. Il n’est pas toujours facile de changer ses habitudes, surtout dans une société de surconsommation qui essaye de nous pousser sans cesse à l’achat. Dans un prochain article, j’aimerais beaucoup aborder avec vous les alternatives à la fast fashion. Si cette idée vous tente, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires ! En attendant prenez soin de vous,

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